« Regarde-moi, Hassiba. Regarde-moi...
Un démon parmi les anges. Une merde dans des draps blancs. Le chardon dans le parterre de roses.
-Bill, arrête de dire n'importe quoi.
-Qui te dit que c'est n'importe quoi ? Non mais regarde-moi. Le caillou dans une dune sablonneuse, le nuage noir dans le ciel bleu...
-Qu'est-ce que je dois dire, moi ?
-Toi, tes actions ne mettent en rien la vie d'autrui en danger. Elle est là toute la différence entre nous deux.
-A t'entendre, j'ai l'impression que tu regrettes. »
Le chanteur soulève sa chevelure d'ébène avec ses doigts fins, avant de les abaisser devant ses yeux. Il soupire, laisse les larmes lui ronger les joues, lui brûler les orbites, lui consumer le c½ur.
« Je ne sais pas si je regrette. Non, en fait, je ne regrette pas. J'ai honte, c'est tout. Honte, et pourtant, j'en suis heureux. C'est là qu'est tout le problème.
-Honte... Mais tu te sens mieux, non ?
-Moi oui. Mais dans l'histoire, il n'y a pas que moi. Moi, je me sens comme toi, en ce moment. J'ai eu ma dose, alors je peux souffler. »
Je regarde mon bras, qui m'offre toujours cette glorieuse image d'un membre bleuté sous les gestes de maltraitance, sous les injections. Ca va mieux, je me drogue moins, certes, mais je continue à me droguer.
« Oui... Là, je me sens bien, mais demain matin, quand le soleil effleurera son visage de ses rayons chaleureux, moi, je serai dans l'embrasure de la porte, à admirer son visage en me disant que je manque de son air. Je voudrai le toucher, je m'approcherai, je regarderai ses yeux s'ouvrir sur le beau matin comme s'il renaissait. Je souillerai son image de mes sourires pervers, de mes intentions malsaines, mais il ne me répondra que par une simple caresse affectueuse. Il verra que je ne vais pas bien, il me demandera pourquoi, et moi, je me tairai, jugeant qu'il est préférable de lui cacher encore et encore ce mensonge dont il est la victime.
-Tu n'as pas le choix, Bill.
-Je n'ai pas le choix, et pourtant je pourrais ne pas le toucher. Cela ne tient qu'à moi de le laisser tranquille, de le laisser respirer sans moi. »
Le beau brun s'observe dans le miroir, contourne ses légères cernes.
« Regarde-moi, regarde-moi... La tâche d'encre de Chine sur un tableau de Picasso, la note trop grave dans la symphonie.
-Moi, je te vois autrement.
-... »
Bill se tourne vers moi, d'un air perdu, désespéré, et pourtant curieux.
« Je pense que tu es la colombe en cage parmi celles qui volent en liberté, le prisonnier innocent...
-Je n'ai rien d'innocent !
-Si, tes sentiments.
-Je suis un monstre. Regarde, regarde comme je l'ai soumis à mes désirs ! Il était attaché au lit, il ne pouvait pas bouger, et moi, je me servais de lui, je le manipulais, comme un objet incapable d'éprouver quoi que ce soit. Et pourtant je jubilais de l'avoir contre moi... »
Je plonge mes yeux sur mon avant bras plein de plaies, pendant que Bill noie sa culpabilité dans les propos.
« Tu l'aimes Bill.
-J'ai même l'impression que tu veux me défendre... Mais je n'ai rien que l'on puisse défendre. Je me sers de lui ! »
Il tape du poing contre le miroir, qui se brise légèrement sous la force de l'impact.
« Mais au fond, tu fais cela parce que tu l'aimes.
-Si je l'aimais vraiment, je voudrais son bonheur. Et là, je ne veux que le mien. J'en oublie même de savoir s'il était bien ou non. Je voulais juste combler mon propre désir, celui de pouvoir l'avoir contre moi un peu plus que ce qu'il n'est permis !
-Tu l'as rendu heureux. Il était bien dans tes bras.
-Oui, il était bien parce qu'il pensait que c'était toi. C'est toi qu'il veut, Hassiba, je n'ai pas le droit de m'immiscer ainsi dans ses espoirs.
-Ca peut toujours rester un secret.
-Un secret, un secret. C'est trop douloureux, comme secret. Comment veux-tu cacher pareille chose à celui à qui tu as toujours pu tout dire, tout avouer ?
-Je le garderai pour toi. »
Les larmes continuent à dévaler les joues du brun. J'appuie sur mon bras en me disant que de toute façon, tout est justifié.
« Et puis quand bien même je laisserais de côté Tom, il y a toi. Je suis un monstre avec toi aussi, je t'ai obligé à te vendre.
-Je l'ai fait de mon plein gré.
-Et j'ai eu la stupide idée de ne pas refuser, de ne pas te remettre les idées en place. Je suis aveuglé par cette folie, Hassiba. L'amour, c'est sacré, l'amour, ça se mérite, et je n'ai pas l'impression que je mérite l'affection de Tom.
-Tu t'es battu pour l'avoir.
-Et quel combat si ce n'est celui de se déguiser. »
Bill observe encore le reflet de son image dans le miroir. Derrière, je l'admire du coin de l'½il. J'aimerais lui dire, moi, que même s'il ne se sent pas digne d'être aimé, il y a quand même des gens qui tiennent à lui. Un peu trop, même. Lentement, je me redresse, m'approche de lui, dépose une main hésitante sur son épaule. Il soupire longuement à ce contact.
« Je l'ai baisé comme un chien.
-Tu l'aimes, ça te venait du fond du c½ur.
-Sauf que ce n'est pas réciproque... »
Ma main se promène sur l'épaule du brun. A travers cette attention, j'aimerais tant qu'il puisse se sentir consolé, qu'il oublie un peu tout ce malheur.
« Je l'ai violé ! »
A ce moment là, il repousse brusquement ma main, avant de se retourner. Je ne bouge pas. Je ne fais qu'écouter. Ses pleurs, ses sanglots, ses faibles paroles par lesquelles il essaye de se convaincre qu'il a faut une connerie.
Moi, je frissonne à ces mots. Violer. Tom se faisait violer. Je suis face à un violeur. Les mots sont lourds et pourtant trop exacts. Où sont les sentiments là-dedans ?
Je ne trouve pas le discours qui me permettrait de démentir cela. Au fond, il a peut-être raison. Même s'il ne voulait pas, même s'il l'aime. Je referme ma main crispée sur mon poignet.
« Je crois, Bill. Je crois que tu l'as violé. »
Je lève les yeux vers le plafond. Ca fait deux heures que j'essaye de m'endormir, mais je ne parviens pas à trouver le sommeil. Il n'y a que ces souvenirs refoulés qui envahissent ma mémoire.
J'inspire calmement. Je me sens bien. Bien, parce qu'il y a partout sur mon corps les marques de sa présence. Marques déposées au fer rouge, marques brûlantes et vives qui, je l'espère, n'auront pas la folle envie de s'effacer.
Je sens encore ses lèvres parcourir mon cou, mes clavicules, mes épaules. J'ai encore la sensation frissonnante de ses mains sur ma peau. J'ai encore les effluves de son parfum qui m'envahissent les narines, son odeur sur les draps.
J'ai la tête totalement ailleurs, parce qu'elle n'était que douceur, que tendresse.
Mes doigts courent sur les draps, agrippent le tissu, les ramènent à mon corps qui souffre déjà de ce manque de chaleur.
Le temps de m'envelopper dedans, mes pensées divaguent à nouveau vers les merveilleux moments de cette soirée.
J'ai vraiment du mal à l'admettre, mais pourtant, je sais que c'est vrai. Cette fille a vraiment quelque chose. Un détail qui fait que je la trouve différente, et aussi que je commence à soupçonner d'éventuels sentiments envers elle. Elle n'est pas comme tous ces coups d'un soir, comme toutes ces chaudâsses qui ont quitté ma vie aussi vite qu'elles y sont entrées.
En m'emmitouflant dans mes draps, je me retourne pour me retrouver nez à nez avec l'oreiller dans lequel j'enfuis mon visage. Il ne faut pas longtemps pour réaliser que j'envie sa présence, que j'ai envie de me lever pour la retrouver. Mais c'est différent de tout ce que j'ai connu jusqu'alors. Alors que d'habitude, j'aurais réclamé une gâterie, là, je souhait juste sa présence. Pour pouvoir l'enlacer, l'embrasser, la serrer contre moi, la remercier. Tout simplement.
Je ferme les yeux, continue à chercher le marchand de sable qui a oublié d'être généreux ce soir. Puis, mes mains se joignent. L'une d'elle caresse le poignet du bras opposé, retrace la marque laissée par les menottes. Certes, cela m'arrache une légère grimace. J'ai tellement tiré dessus que je n'aurais pu m'en sortir indemne. D'ailleurs, sentir une fille plus entreprenante avait vraiment quelque chose de plaisant. Tellement plaisant.
Dans un petit sourire, je me parle à moi-même, en espérant que cette nuit, les murs auront vraiment des oreilles.
« De la torture...
Mais quelle torture ! »
Catwoman ► J'ai eu un stress en voyant ton 1er commentaire, je venais à peine de mettre la suite en ligne et je vois "Un commentaire non lu", je me suis demandée quoi XD T'es synchro en tout cas ! Pour la photo effectivement j'ai du chercher un peu plus longtemps, j'ai déjà eu pire mais ici je savais exactement la tête de Bill que je voulais, il me restait à trouver ça en photo ! Et comme on a plus l'habitude de le voir avec un grand sourire colgate c'était pas des plus simple ... ;-)
Chris ► Vu la conversation msn en live j'avais hâte de lire ton commentaire ! Et j'avoue je ne suis pas déçue :p "Je vais comparer le marchand de sable avec le père Noël", effectivement t'as réussi à la caser celle-là XD T'as bien fait de préciser le "copyright bloggeuse" pour mon "culpaBILLise", j'y tenais v_v Espèce de violeuse va ! Va falloir te donner le titre de correctrice d'orthographe de Sokaia aussi, à mon avis je dois tellement lire vite que je ne vois même pas les fautes, je me laisse emporter dans l'histoire. Et on ne peut pas en vouloir à Sokaia non plus, vu les fautes que c'étaient ça relevait plutôt du lapsus révélateur et de la confusion Bill/Hassiba =D
Chris ► On est gâtées là, que de compliments ! Ah ça la photo des menottes, t'as eu droit à l'avant/après, j'avoue que je l'ai bien retravaillée celle-là ! Pour le talent d'écriture de Sokaia je suis tout à fait d'accord, c'est pas pour rien que j'ai accepté sans hésitation de devenir sa bloggeuse ! Et on a beau avoir tout vu tout lu, elle arrive à nous surprendre quand même !
Ocean-vie ► Tu peux rejoindre Arlette alors pour le club du "j'aime pas Bill" XD Quoiqu'elle s'est un peu attendrie pour lui au dernier chapitre ...
Midian ► Je n'avais pas vu sous cet angle de guérison la drogue que prend Hassiba par rapport à Bill et son addiction à son frère. Et effectivement j'ai l'impression que techniquement c'est plus facile pour Hassiba de s'en débarasser tandis que pour Bill il n'y a pas de recette miracle.
Marjo ► Eh bien que répondre à cela ... Je pense que Sokaia ne sait qu'être flattée de ton commentaire et joli compliment =)
Gaeldrielle ► Il s'en veut car il est pleinement conscient que ce qu'il fait est malsain. Si à l'heure actuelle faire l'amour à son frère, est tout d'abord interdit par la loi mais est également au coeur des tabous et des jugements des gens, le faire dans son dos mérite le "Au bûcher, vilaine sorcière, être de satan !". Comme Chris je m'emballe, mais tous les actes de Bill envers Tom lui pèsent lourd sur la conscience.
Et comme toi, à la place d'Hassiba je me débrouillerais comme un pied, déjà parce que j'aurais Bill Kaulitz devant moi avec une seule envie : celle de lui sauter dessus, mais aussi car une situation pareille doit être horriblement complexe à résoudre, si résolution possible il y a.
Letce-Namon ► Si si ! Epilogue ! On ne demande que ça ;-)
Ophélie ► Bienvenue à toi Ophélie ! Si tu as des propositions d'améliorations du blog, des questions ou encore l'envie d'être prévenue dès qu'une suite est postée n'hésite pas à faire un tour dans La loge d'Hassiba ;-)
Ocean-vie ► Et oui, aussi incroyable que cela puisse paraître Arlette s'est un peu attendrie pour lui !
La photo que j'ai choisie pour le chapitre a du te faire on ne peut plus plaisir alors, en tant que grande fan de Bill en détresse XD
Catwoman ► Rien ne dit que Bill est gay, il est très joyeux par moment, certes v_v *se marre toute seule XD* Qui sait, il finira peut-être par succomber aux charmes d'Hassiba, après tout elle est douée dans l'art de manipuler les gens dans leur dos ...
Japansword ► Mais quel long commentaire ! *_*
Merci pour la photo, mais non pour celle-là je n'ai pas encore trop galeré pour la trouver bizarrement ;-)
Tom qui est la drogue de Bill, ce qui expliquerait pourquoi il s'est fait contrôler à l'aéroport l'autre fois, il n'avait pas de drogue sur lui, c'était lui tout entier aux yeux de Bill la drogue :p
Pour ce qui est du rateau direct ou de la bonne baffe plus tard la réponse arrivera avec les suites de cette fiction, c'est garanti et quoiqu'il en soit ça ne pourra que faire un rebondissement de plus !
Ahahah j'imagine Tom avec des pupilles en forme de coeur x'D
Est-ce qu'on peut dire que quelqu'un tombe amoureuse d'une personne en la prenant pour quelqu'un d'autre ? J'ai envie de dire que Tom est sous le charme des caresses, etc de Bill, mais pour lui c'est Hassiba qui lui offre tout ça, les choses se mélangent pour lui, sans le savoir.
Evidemment que ton commentaire est suffisament long pour pardonner ton retard ! T'as vu le temps qu'il m'a fallu avant de répondre aux commentaires ?! (J'ai eu un week-end chargé, j'avoue v_v)
Arlette ► Je suis sûre qu'on n'a pas QUE des avis différents sur Bill et Tom. Déjà on veut toutes les 2 qu'ils couchent ensemble non ? :p J'avoue je suis une Billienne convaincue, mais je déplore tout à fait la situation de Tom dans ce cas-ci ... même s'il ne se rend pas encore compte qu'on se joue de lui (comme je cause bien =')) Allez un peu de pitié pour les deux ça devrait régler l'affaire non ? =D
Catwoman ► Une fan de mon humour, youhouh un début de gloire pour moi ! \o/
Donc toi au final tu aimerais que ça soit le couple "Bill-Hassiba" qui finisse ensemble plutôt que "Bill-Tom" ?
Catwoman ► En tant que grande twincesteuse j'avoue que je comprends ton point de vue. Mais je pense qu'on est bien trop exalées par l'union "Bill/Tom" pour voir plus loin les relations qu'il pourrait y avoir entre les autres personnages. Une relation si particulière de jumeaux ça nous intrigue, nous fascine et on ne demande que ça finalement :p
